Moyens de vérification (MdV) en S&E

Découvrez ce que sont les Moyens de Vérification (MdV) en S&E : la source de preuves des indicateurs, leur origine et comment un réviseur peut les valider. Essentiel pour la crédibilité de vos projets.

Aussi appelé : MdV, source de vérification, source de données, source de preuves

Définition

Les moyens de vérification (MdV) désignent la source de preuves attestant qu'un indicateur a été mesuré. Ils identifient le document, le système, l'outil ou le processus spécifique à l'origine de la donnée. Pour un indicateur tel que « nombre d'agents de santé formés », un MdV pertinent pourrait être : « Feuilles de présence aux formations, numérisées dans le SIG du projet sous 7 jours, et signées par le responsable de la formation. » Cela indique précisément à un réviseur ce qu'il doit consulter s'il souhaite vérifier votre affirmation.

Pourquoi c'est important

Des MdV faibles ou absents sont l'une des principales causes de la perte de points dans les sections S&E des propositions. Un réviseur qui lit « nombre d'agents de santé formés » sans MdV est contraint de deviner votre méthode de comptage. Il pourrait supposer des auto-déclarations, qu'il jugerait peu crédibles. Il pourrait imaginer une base de données que vous n'avez pas prévu de construire. Dans tous les cas, l'absence de MdV génère un doute sur la crédibilité de vos données. Un MdV solide vient clore cette incertitude : il identifie une source spécifique, décrit le flux de données et indique qu'une réflexion approfondie a été menée sur la logistique de la collecte.

Dans les propositions, la colonne des MdV de votre cadre logique est également l'endroit où les réviseurs évaluent la faisabilité. Si chaque indicateur mentionne « base de données du projet » sans détailler comment les données y sont intégrées, les réviseurs s'interrogent sur votre budget et votre personnel dédié à la collecte de données. Si le MdV cite des sources irréalistes, telles que des « enquêtes auprès des ménages chaque mois », ils remettent en question la conception même de votre programme.

En pratique

Un MdV robuste précise trois éléments : la source, le processus et la fréquence. Pour un indicateur tel que « pourcentage de filles fréquentant l'école régulièrement », un MdV pourrait être : « Registres de présence scolaire, collectés mensuellement par les points focaux du Ministère, numérisés par l'agent S&E du projet, puis triangulés trimestriellement avec les validations des directeurs d'école. » Cette formulation indique à un réviseur où se trouvent les données, qui les traite, à quelle fréquence et quel contrôle qualité est appliqué.

Dans les cadres logiques des propositions, des schémas courants se dessinent : les indicateurs de produits s'appuient souvent sur des registres d'activités (journaux de formation, listes de distribution, registres de prestation de services). Les indicateurs de résultats recourent fréquemment à des enquêtes ou des évaluations (situation de référence et évaluation finale). Les indicateurs d'impact s'appuient souvent sur des statistiques nationales ou des évaluations externes. Quelle que soit la source, nommez-la de manière spécifique. « Rapports de projet » n'est pas un MdV suffisant. « Rapports de projet trimestriels compilés par l'agent S&E à partir des soumissions des partenaires avant le 10 de chaque trimestre » en est un exemple pertinent.

Un autre schéma, spécifique aux propositions : les MdV pour les indicateurs échappant à votre contrôle (par exemple, les taux de prévalence nationaux) doivent mentionner la source externe et indiquer sa fréquence de publication prévue. Si les données ne sont pas prévues avant la 3ème année de mise en œuvre, il est essentiel de le signaler. Les réviseurs privilégient un MdV transparent assorti d'une mise en garde sur le calendrier, plutôt qu'un engagement vague qui risquerait de se désagréger durant la mise en œuvre.

Contexte de la proposition

Les évaluateurs des bailleurs de fonds parcourent la colonne Moyens de vérification (MdV) pour juger si le programme peut réellement produire les données qu'il propose de collecter. Un MdV qui nomme un instrument précis, une fréquence et un responsable signale une maturité en S&E. Une colonne MdV remplie de mentions telles que « enquête » ou « agent S&E » constitue un signal d'alerte, et les évaluateurs expérimentés sanctionnent.

Le piège le plus courant consiste à associer des indicateurs ambitieux à des hypothèses de MdV irréalistes. Un programme de sécurité alimentaire au Sahel ne peut pas crédiblement proposer l'ODD 2.1.2 (Prévalence de l'insécurité alimentaire modérée ou sévère) comme indicateur de résultat sans que la colonne MdV ne mentionne soit une enquête avec module FIES intégrée au budget du programme, soit une enquête nationale identifiée dont la publication coïncidera avec le cycle de rapportage du programme. Proposer des indicateurs de niveau national sans enquête nationale au budget reste l'erreur la plus fréquente sur les MdV dans les propositions. Les évaluateurs le remarquent.

Alignez l'ambition de vos indicateurs sur la faisabilité des MdV avant de soumettre.

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